Lancé il y a quelques mois, le Certificat Influenceur est arrivé à point nommé. Très rapidement, il a séduit non seulement de nombreux influenceurs, mais aussi de grandes entreprises telles que Coca-Cola, Proximus, Alken-Maes, Unilever, Engie ou encore la Loterie Nationale. Un engouement qui n’a rien de fortuit, comme l’explique Patrick Marck, directeur de FeWeb : « En réalité, ce certificat est une sorte de permis de conduire pour les influenceurs : conduire sans connaître le code de la route, c’est mettre en danger sa propre sécurité et celle des autres. »
Avec le Certificat Influenceur, le Conseil de la Publicité et l’Influencer Marketing Alliance, soutenus par l’UBA, l’ACC, l’AMA et BAM, offrent aux influenceurs un cadre clair dans un environnement marqué par une profusion de règles et de législations. Le principe est simple : une formation en e-learning, conclue par un examen pour l’obtention d’un certificat. L’objectif ? Atteindre 500 influenceurs certifiés en l’espace d’un an. Et la dynamique est positive : aujourd’hui, le compteur affiche déjà 100 certifiés.
Mais un tel certificat est-il réellement nécessaire ? Pour Patrick Marck, la réponse ne fait aucun doute : « Le marketing d’influence connaît une croissance fulgurante. C’est une excellente nouvelle, mais elle s’accompagne aussi de nombreuses zones d’ombre. Aujourd’hui, on assiste à une véritable prolifération de règles et de lois, dans lesquelles il est difficile de s’y retrouver en tant qu’influenceur. »
Résultat : beaucoup d’influenceurs veulent bien faire, mais n’y parviennent pas toujours. De plus, il n’existe pas de véritable association professionnelle vers laquelle ils peuvent se tourner. Une lacune problématique, car ils s’exposent alors à des avertissements officiels, voire à de lourdes amendes infligées par les autorités.
Complexe et ambigu
Les règles sont-elles vraiment si complexes ? « C’est encore un euphémisme, confirme Patrick. On est loin du simple fait d’ajouter “#ad” à un post. Les règles s’appliquent aujourd’hui à trois niveaux : européen, national et régional. »
Un influenceur actif en Wallonie peut donc être soumis à d’autres obligations qu’un influenceur en Flandre. De plus, bon nombre de règles se prêtent à l’interprétation, ce qui rend l’ensemble d’autant plus complexe.
Passer son « permis » (en plus simple et moins cher)
Selon Patrick Marck, le Certificat Influenceur peut être comparé à un permis de conduire. Les règles s’apprennent via une formation en ligne, suivie d’un test, avant de pouvoir poursuivre son activité en toute sérénité. La comparaison s’arrête toutefois là, précise-t-il : : « La formation est évidemment beaucoup plus accessible qu’un permis de conduire. Et avec un coût de 49 euros, elle est aussi nettement moins chère. »
La formation en e-learning se suit à son propre rythme. Elle couvre l’ensemble des règles et des législations pertinentes, de l’autodiscipline aux do’s & don’ts de la communication commerciale. On passe ensuite un examen en ligne. Un score d’au moins 70 % permet d’obtenir le certificat officiel.
BOUTON : Ces influenceurs ont déjà obtenu le certificat
Une aide supplémentaire
Les influenceurs certifiés ne sont pas laissés à eux-mêmes. Tous les participants font également l’objet d’un suivi par le JEP (Jury d’éthique publicitaire). Cela peut sembler strict, mais l’objectif est avant tout d’accompagner. « Nous utilisons un logiciel qui vérifie si les publications sont conformes aux règles, explique Patrick. Lorsque ce n’est pas le cas, l’influenceur reçoit un signalement, ainsi que des explications sur la manière correcte de procéder. Cela réduit considérablement le risque d’avertissements ou de sanctions. »
Autre atout important : le certificat est actualisé chaque année, afin de tenir compte de l’évolution constante de la législation. « Il y a presque chaque semaine de nouveaux développements. Nous les suivons de près et les traduisons en informations claires, accessibles et directement exploitables pour les influenceurs et les annonceurs. »
Éviter les dégâts
De plus en plus d’entreprises choisissent – souvent avec l’appui de l’UBA – de collaborer exclusivement avec des influenceurs certifiés. Parmi elles figurent des acteurs majeurs comme Proximus, Alken-Maes, Unilever, la Loterie Nationale, L’Oréal, Engie, Fnac ou encore Coca-Cola. La raison en est simple : lorsque des créateurs de contenu enfreignent les règles, c’est aussi la réputation de la marque qui peut en pâtir.
Patrick Marck souligne toutefois que la responsabilité ne repose pas uniquement sur les influenceurs : « Il est essentiel que les annonceurs connaissent eux aussi les règles. C’est pourquoi ils ont également la possibilité de suivre une formation en e-learning spécifiquement conçue à leur intention. »
Reconnaître le professionnalisme
En résumé, le Certificat Influenceur apporte clarté et sécurité, tant aux créateurs de contenu qu’aux annonceurs. Il constitue une étape clé dans la professionnalisation du marché.
Une évolution positive, selon Patrick Marck : « Le marketing d’influence arrive à maturité. Il vaut donc mieux s’y préparer. À terme, nous pensons que le certificat permettra de faire le tri entre les créateurs de contenu professionnels et ceux qui ne le sont pas. »
Vous avez encore des questions sur le Certificat Influenceur ? Consultez la FAQ.