L’autorégulation de la publicité pour l’alcool fonctionne. Pourquoi la remplacer par de la bureaucratie ?
La semaine dernière, le Conseil de la Publicité a rappelé que le système d’autorégulation en matière de publicité pour l’alcool fonctionne parfaitement. Les chiffres sont sans équivoque : les plaintes sont traitées rapidement, les décisions sont respectées et les entreprises adaptent souvent leurs campagnes immédiatement. Pourtant, le gouvernement envisage aujourd’hui de remplacer ce modèle efficace par un Arrêté royal, assorti de pouvoirs accrus de contrôle et de sanction pour l’inspection de la Santé publique.
« Une telle démarche va à l’encontre du principe de réduction des charges administratives inscrit dans l’accord de gouvernement », estime le Conseil de la Publicité. « On risque ainsi de troquer un système performant et largement soutenu contre une logique de ‘régulite’, synonyme de paperasse et d’incertitude. »
If it ain’t broke, don’t fix it.
Les faits parlent d’eux-mêmes : l’autorégulation de la publicité pour l’alcool fonctionne. Entre 2023 et août 2025, le Jury d’Éthique Publicitaire (JEP) a traité quarante plaintes. Dans 33 cas, une adaptation ou un arrêt de la campagne a été imposé, avec un taux de conformité de 100 %. Aucun autre système de sanction n’affiche de tels résultats.
La rapidité est également inégalée. En 2024, une plainte nécessitait en moyenne 3,5 semaines de traitement ; en 2025, ce délai est descendu à 2,5 semaines – souvent moins de deux. Dans la pratique, les annonceurs adaptent déjà leur message dès la réception d’une plainte. De plus, un nombre croissant d’entreprises sollicitent un avis préalable : la meilleure façon de prévenir les problèmes plutôt que de devoir les corriger.
Pourtant, le gouvernement veut substituer à ce modèle un Arrêté royal qui n’apporterait que surcharge administrative, contrôles et sanctions supplémentaires. Résultat : délais, coûts et incertitude – sans amélioration tangible. Aujourd’hui, l’inspection de la Santé publique dépose elle-même des plaintes auprès du JEP, qui les traite et les suit efficacement. Pourquoi remplacer ce mécanisme éprouvé par une structure parallèle qui coûtera du temps à la société et de l’argent au contribuable, sans meilleurs résultats ?
L’autorégulation est rapide, efficace et tournée vers l’avenir. Elle combine respect des règles, prévention et expertise, y compris dans les nouveaux domaines comme les médias numériques et le marketing d’influence. Plutôt que de créer une « régulite », renforçons ce modèle : par le dialogue sur le code alcool, un suivi accru dans le cadre existant et le développement de connaissances sur les nouvelles formes de publicité.
Les faits sont clairs : protéger réellement les jeunes et les consommateurs, c’est bâtir sur ce qui fonctionne déjà. L’autorégulation prouve chaque jour sa valeur – rapide, efficace et sans bureaucratie inutile.